Suis moi ! ...

Je m' appelle M0rgane.

Peut-importe où je suis. Qui je suis. Pour toi je serai M0rgane. Simplement.

Je te demande juste de me faire confiance. Donne moi la main et suis moi. Je vais te raconter une hist0ire. Une hist0ire triste. Mais merveilleuse. Remplie de joie, d' amour et de larmes. Je vais t' emmener au pays des es, au pays où rêver est synonyme de vivre. Là où la lune et le soleil sont mariés et où s' envoler n' est pas imaginer. Là où l' eau est cristal et les sourires lumière. Seul l' impossible existe et exister est vrai.
Je vais t' emmener là-bas. Donne moi la main et suis moi. Je te raconterai cette hist0ire.


Mon hist0ire.

Peut-importe où je suis, qui je suis maintenant. Maintenant que cette histoire est racontée. Je vais t' emmener dans mon pays. Et te montrer qui j' étais. Qui j' étais avant.. Comment et pourquoi. Comment et pourquoi la mort a tout détruit.

Comment et pourquoi ils m' ont tué.

# Posted on Wednesday, 13 September 2006 at 9:16 AM

Edited on Sunday, 17 September 2006 at 4:23 AM

[ I. ]

[ I. ]
___Elle était là assise à attendre. Attendre que les nuages passent, que le ciel s' éteigne, que le monde s' endorme. Son petit coeur résonnait de paroles en poussière, où un parfum de mélancolie se mêlait à une mélodie lancinante et lointaine.
Elle était juste là assise, ses yeux d' ivoire perdu dans un horizon de rêves connu d' elle seule. Elle aimait comme elle souffrait, et le monde le lui rappelait. Le vent faisait envoler ses sentiments là où seul le pays des rêves les rappelle.

___Mais il était là. Et la regardait. Et il savait. Qu' elle souffrait. Mais il savait aussi qu' elle avait besoin de lui, que ces regards lançaient des appels au secours, qu' elle était perdue et que personne ne la comprenait. Mais il sera toujours là pour elle, qu' elle le sache ou non.



___Une légère brise lui fit relever la tête, lui faisant apparaître le jeune garçon. Il avait l' air anxieux, pensa-t-elle, mais elle ne pouvait s' empêcher de le trouver irrésistiblement beau. Le soleil, caché par les nombreuses branches du sous-bois, tombait cependant sur son visage, rendant ses yeux encore plus brillants.

___Leurs regards se croisèrent, le translucide contre le doré. La fille tourna la tête d' un mouvement brusque. Il ne put s' empêcher de retenir un soupir.



- Tu es encore en retard. J' ai du partir te chercher.
- Je n' avais pas envie d' y aller.


___Elle lui tournait toujours le dos. Elle ne voulait plus recroiser son regard pleins de reproches. Elle savait qu' elle aurait dut y aller. C' était l' une des conditions et elle avait accepté. Mais elle n' arrivait pas à s' y faire. Quelque chose lui échappait toujours.


- Que comptes-tu faire maintenant ? lui demanda-t-il.
- Je ne sais pas ... j' aimerais partir mais ...
- Ce n' est pas possible. Tu le sais tout aussi bien que moi. Tu t' es engagée.


___La douce brise était devenue vent, faisant danser des volutes de poussière dorées. On pouvait entendre le doux murmure d' une eau proche, accompagnant le silence gênant qui s' était installé.

___Elle effeuillait une fleur, et à chaque pétales arrachés un soupir.
___Il était adossé contre l' Arbre, et il sentait dans son dos l' écorce rugueuse et sacrée. Il savait qu' elle allait parler la première, se confier. Et il savait aussi qu' il lui fallait du temps.
___Enfin, après que le dernier pétale de la fleur fut tombé à terre, elle demanda timidement:



- Ils sont fâchés ?
- Non. Mais ne le refait pas encore une fois. Deux mais pas trois.
- Je n' aurais pas du accepter. Ce n' est pas fait pour moi.
- Ne dis pas de bêtises. Tu n' avais pas le choix.
- Bien sûre que si. J' aurais du partir. Quand je me suis réveillée à Eleignor, la première chose que j' ai vu était le col de Berugna. Je me sentais comme attirée. J' aurais du y aller.
- Tu étais en état de choc.


___Il lui parlait comme à une enfant. En temps normal, elle ne l' aurait pas accepter, se serait levée vexée. Mais là non. D' ailleurs personne n' était là pour lui faire remarquer, et elle ne pouvait plus compter sur elle même. Elle s' était déjà trahie, elle ne se faisait plus confiance.
___En vérité, la seule personne en qui elle savait pouvoir faire confiance était devant elle. Elle ne se l' expliquait pas, mais c' était là et c' est tout.



- Je crois qu' en réalité je vais remplir mon engagement, reprit-elle.
- Bien décidé. Et ?
- Et pendant ce temps je ferai des recherches. J' ai des mots, des visages, des noms, des images qui me hantent. Je veux savoir de quoi il s' agit.


___Elle marqua un moment de pause, comme pour se décider.
___Elle savait qu' elle avait besoin de lui, qu' elle le veuille ou non. Il était le seul.


- Après, je partirai rechercher un certain Eairan. Ce nom me revient sans cesse. Il doit vouloir dire quelque chose.
Et pour ça j' ai besoin de toi.


___Elle se décida alors à se retourner pour le regarder. Son visage, malgré son impassibilité, trahissait une certaine angoisse.


- Comment ça ? dit-il avec brusquerie.


___Il regretta aussi tôt.
Elle tourna la tête, ses cheveux tombant sur son front de façon à ce qu' il ne voie pas ses yeux.


- Je ne t' oblige à rien. C' est juste que ... tu as toujours été là pour moi. Quand j' ai ouvert les yeux, je pensais être seule. Mais j' ai cru m' être trompée. J' ai besoin de toi. Tu es le seul. Je ne sais pas mon nom, mais ça j' en suis sûre. Il faut que tu m' aide. Je dois savoir. Tu n' es pas comme les autres. Eux, ils m' empêche de découvrir la vérité. Tu me le dois.
- Pourquoi ?
- Parce que ... parce qu' on est pas comme eux.


___A nouveau leurs regards se croisèrent, le translucide contre le doré. Et là ils comprirent.
___Toute sa vie, il s' est senti à l' écart. Il voyait les choses d' un oeil externe, tout lui semblait plus lumineux que les autres. Il sentait, il voyait. Eux non. Mais elle ... Depuis qu' on l' avait trouvée, inconsciemment il était. Enfin, il vivait.
___Et ils comprirent. Qu' ils étaient liés. Parce qu' il y avait eux et les autres.



___Parce qu' ils étaient différents.

# Posted on Saturday, 16 September 2006 at 8:40 AM

Edited on Saturday, 23 September 2006 at 1:05 PM

[ II. ]

[ II. ]
______Le soleil apparaissait de derrière les montagnes Éternelles, resplendissant de sa lumière la basse vallée. Al' Jahan la dominait de la hauteur de la citée. Son regard gris, fixé sur les premiers cheveux du soleil, ses mains crispées sur l' acier froid de la rambarde, il réfléchissait. Il réfléchissait à tout ces évènements qui avaient transformés sa vie du tout au tout. Du jour où, après la grande fête de Sebeath, il fut nommé Empereur à cette soirée d' automne où on avait découvert cette fille sous l' Arbre.

_____On ne savait toujours pas qui elle était et d' où venait elle.
Une tempête de questions et d' interrogations déferlaient en lui, le perdant dans un sombre brouillard. Et si elle faisait partie d' Eux ? Peut-être était-elle là pour reprendre ce qui Leur revenait ...
_
_____Il fut parcourus d' un frisson glacé, dont la fraîcheur matinale n' y était pour rien.

_____Et il se mit à avoir peur. Peur pour son peuple, pour son trône et pour lui même. Tout ce qu' il avait gagné, tout ce pourquoi il avait combattu durant tant d' années se trouvait au rebord d' un précipice, dont le moindre trébuchement pouvait faire basculer dans le vide.

_____A cette pensée, ses mains blanches se crispèrent encore un peu plus sur le métal.


_____Le soleil arriva enfin à basculer par-dessus les Montagnes, éclairant alors le visage soucieux d' Al Jahan. Celui-ci cligna des yeux avant de s' habituer à l' éclat. Un soupir s' envola, faisant naître une douce brise. C' est alors qu' il entendit un petit grattement, un froissement léger derrière lui.


- Que fais-tu là ?
- Je venais vous présenter mes excuses, lui répondit sans sourciller la jeune fille.


_____Un instant passa, durant lequel le vent faisait voler les feuilles dorées et où l' Empereur dévisagea le nouvelle venue. Petite malgré la maturité apparente de son âge, sa peau ambrée était encadrée d' une masse de cheveux roux. Le soleil y faisait danser des reflets d' or, rimant avec l' éclat de ses yeux. Ceux-ci étaient ivoire où des volutes d' argent et de bleus s' enlaçaient.



- Depuis combien de temps es-tu là ? questionna Al Jahan, dont l' idée d' être observé par eℓℓe le faisait frémir.
- Seulement depuis que le soleil est apparu.
- Bien.


Il marqua un instant de pause, se basculant d' avant en arrière avant de reprendre:


- Donc ? reprit-il, avec cet air de supériorité que seul les rois, les empereurs ou les professeurs ont le talent.
- Je vous prie de m' excuser de ne pas avoir été présente durant le Conseil des Bhas d' hier soir.
- Bien, je suis content de voir que tu as pris l' initiative de t' excuser. Et j' espère que tu ne recommenceras pas.
- Ce n' était pas mon idée.
- Pardon ?
- De m' excuser. Ca ne m' aurait pas traverser la tête si Layan ne me l' avait pas dit. Je n' en vois pas l' intêret.


_____Ils se défièrent du regard. Al' Jahan ne se sentait pas à l' aise avec cette fille au regard de cristal. Ses mains se refermèrent sur l' objet qu' il considérait comme porte-bonheur, et il se mit à le faire tourner dans ses mains avec anxiété.

_____Il ne comprenait pas qu' une petite femme comme eℓℓe ait se pouvoir sur lui, lui qui a fait face il n y a pas encore si longtemps devant le Conseil en entier.

_____Il fronça ses sourcils, ouvrit la bouche deux fois pour la refermer sans rien dire.

Et là, il la vit lever les yeux au ciel, une larme rose sur sa joue.


_____C' est alors que la terre se mit à trembler. Le tonnerre sortit de la terre, la poussière devint cri et la pierre souffrance. Toute la terre se tordait de douleur, appelant dans un dernier espoir au secours.
La peur dans l' air, la colère dans les coeurs, les hommes hurlaient, couraient, fuyaient. La colère du monde s' abattait sur eux, et rien ne pouvait les sauver.
A ce moment, il n' y avait plus d' Empereur, plus de Conseil, tout les hommes égaux face à leur châtiment, et même pour ça l' isonomie était.

Pourtant.


Seule.


_____Seule, eℓℓe n' avait pas peur. Elle était là immobile, debout, les yeux accrochés au désespoir, désespoir de voir sa mère hurler. Un souffle de rage, gris, bleu, noir. Une teinte de tristesse au bord du vide, le vent dans ses sentiments, seule la lumière oublie.

_____C' est alors qu' il arriva. Le translucide contre le doré. Lui non plus n' avait pas peur. Il était venue la chercher, lui parler. Il ne savait pas vraiment ce qu' il fallait lui dire, mais il devait. Il était là pour ça.

Il s' avança et lui prit la main.



- Il faut que tu arrêtes ça !

_____La roche rose, sur laquelle la citée était bâtie, se fissura faisant trembler les antiques tours. Les vitres se cassèrent, une pluie de verre s' écrasa contre le sol.


- S' il te plaît ! Aide-nous ! Toi, Elle t' entend !
- Je ne sais pas ...
- Fais le pour moi !


_____Le translucide contre le doré.

_____Eℓℓe, fille de la Terre le pouvait. Le jeune garçon le savait, parce qu' ils n' étaient pas comme eux. Ils étaient différents. Ils faisaient partis de cette terre, de ce royaume immémorial oublié, et seule Elle pouvait consoler sa Mère brisée.

_____Un collier de larme nacrées tomba de ses yeux. Un espoir naquit dans son petit coeur, un souvenir s' évanouit, une flamme mourut. Ses lèvres tremblèrent pour former un son que seul le ciel connut.



_____Alors le monde s' apaisa, s' endormit. Et la lumière se souvint.
_____Au loin, un chant résonna.

# Posted on Saturday, 23 September 2006 at 9:33 AM

Edited on Wednesday, 25 October 2006 at 11:23 PM

[ III. ]

[ III. ]
Elle devait fuir. Partir, loin, toujours plus haut. Parce que c' était derrière elle, parce que ça lui voulait du mal. Ca. L' ombre peut-être. L' Obscurité. Peut importe, elle ne pouvait pas. Elle devait fuir.
Le vide, partout. Il n' y avait rien, rien qui puisse la sauver. Pas une lumière. Même une lueur d' espoir. Car elle était seule. Seule, elle fuyait.


Sous sa peau, son petit coeur affolé tapait, tapait, tapait. Elle avait peur. Son corps aussi. Ses yeux étaient devenus froids, immobiles, morts. Les ténèbres dans l' âme.


Le silence. Juste le temps qui vous immobilise. Mais c' était derrière elle. C' était noir, dangereux.


Ca tapait, tapait toujours. Et c' était derrière. Juste fuir. L' indifférence la menaçait. Juste l' oubli devant. L' inaccessible. Elle avait peur.

Peur.


Un instant, ses yeux revirent. Et elle s' immobilisa. Maintenant, c'' était partout. Elle n' avait plus peur.
Plus peur de se retourner, et de se regarder.


Ca lui rappela ses yeux. Cette lumière qui vous fait sourire, ce bonheur en poussière. Il était là.


Le translucide contre le doré.

Mais elle ne se souvenait plus, comme elle ne savait plus qui elle était. Elle ignorait tout, ce qui l' entourait, même ça n' était plus important, parce qu' il était là. Et elle le regardait. Dans les yeux. Son petit coeur dansait, dansait, dansait. Car lui il savait.

Ses yeux rirent. Alors elle rit avec lui. Elle s' avança, le mot au coin de la bouche, la où il se cachait.
L' éternité dans un regard. Enfin, son petit coeur indomptable eut confiance, parce qu' il savait. Et il se mit à chanter, cette mélodie qu' on a dans la tête ces soirs de pluie, cette rengaine des jours d' hiver, ce chant des nuits d' oubli.


.


C' était une fille timide, peut-être trop effacée. Quand On la vOyait On se pOsait pas de questiOns. Une fille cOmme elle On en faisait beaucOup. On arrivait pas à la classer, à la mettre dans un grOupe, elle dépassait tOujOurs, dérangeais. Peut-être parce qu' elle n' était pas cOmme nOus.


Quand On lui demandait ce qu' elle aimait, elle répOndait l' Odeur du feu de bOis, la lune. Elle nOus répOndait aimer marcher la nuit, aimer être cOuchée dans l' herbe, aimer les jOurs de pluie. Quand On lui demandait ce qu' elle n' aimait pas, elle ne répOndait pas. Elle savait que sa répOnse était ridicule. Elle n' aimait pas les Hommes, leur fOlie qui les pOussaient à vOulOir tOujOurs plus, à n' impOrte quel prix. Elle, elle les trouvait ridicules.


Elle, elle aimait être triste. Ces mOments de sOlitude, où On se demande ce qui nOus différencie. Oui, elle aimait ces mOments là, parce qu' il lui suffisait d' accrOcher sOn regard au ciel pOur cOmprendre. COmprendre tellement de chOses qu' elle se sent heureuse.



Oui, quand On la vOyait On ne se pOsait pas assez de questiOns. Elle était trOp banale pour être comme les autres.

Parce qu' il suffisait de regarder ses yeux pour cOmprendre qui elle était.
Elle était la cOnfidente de la lune, la fille de la terre, la sOeur du ciel. Elle était une fée, l' âme qui nOus habite tOus, caché dans un cOin de nOs cOeurs effacés.


Oui, elle était. Mais on l' avait oublié. Comme On avait Oublié pOur qui elle était.
Et elle devait nOus le rappeler.


Qu' elle était une partie de nOus.

# Posted on Wednesday, 18 October 2006 at 12:49 PM

Edited on Sunday, 22 October 2006 at 11:55 AM